Jump to Content or Main Navigation

Paul D. Coverdell World Wise Schools

Paul D. Coverdell World Wise Schools

This content is available in English Print

Un Jour Typique

French Translation of 'A Typical Day'

Region
Africa, Guinea
Type
Letter

Chaque jour, que je le veuille ou non, je me réveille quand le coq chante à l’aube. Tandis que je me démêle de ma moustiquaire qui est suspendue au-dessus de mon lit de bambou, j’entends les sons de swish-swish hors de ma hutte car les femmes ont déjà commencé à balayer les feuilles dans la cour. Après m’être vêtue d’une pagna aux couleurs vives comme jupe (une panga est un linge de tissu long et rectangulaire), je procède à la pompe d’eau commune. Sur la route, je salue ma voisine qui est en train de préparer un feu pour réchauffer le riz de la veille pour le petit déjeuner de sa famille de dix. Je chasse les poulets hors de mon chemin tandis que j’emporte laborieusement mon seau lourd d’eau froide en essayant de ne pas la répandre. (Malheureusement, je ne maîtrise pas encore l’art d’équilibrer le seau sur la tête, ce que les villageois font habilement.) Quand je rentre dans ma hutte, je fais bouillir de l’eau pour ma tasse quotidienne de thé, et j’allume la radio pour écouter un peu le « World News Report » de la BBC. Tandis qu’un britannique me parle de mon pays d’origine, je me lave vite en versant de l’eau sur ma tête avec une tasse en plastique. Aussitôt que j’ai pris mon « bain de seau » et me suis habillé, l’eau bout. Je mets les feuilles séchées de thé dans la tasse et je verse le reste de l’eau chaude dans une bouteille thermos pour plus tard. Pendant que le kenkeliba (le thé) trempe, je quitte ma hutte et marche le long du chemin de boue à l’endroit où il y a des femmes assises dans un cercle, vendant du pain chauffé, du lait frais, et du porridge de riz. Après les avoir saluées dans leur langue maternelle (le malinké) et acheté une boule de porridge pour 100 francs (moins de vingt cents américains), je rentre chez moi pour la manger, boire mon thé et écrire dans mon journal.

A sept heures et demie, je mets mon matériel d’enseignement dans mon sac, je saute sur mon vélo, et je pars pour le lycée qui se trouve à l’autre bout de la ville, à deux kilomètres de chez moi. Durant la saison des pluies, il me semble que je roule à travers un parcours d’obstacles car il y a des centaines de petites flaques sur la route. Durant la saison de sécheresse, c’est comme si je roulais à travers le désert avec le soleil qui brûle et la terre de sable. En plus, il n’y a pas d’ombre.

A un endroit en particulier, la route vers le lycée plonge, puis tourne vers une grande montée. Pour arriver en haut de la côte, j’essaie de gagner autant de vitesse que possible pendant que je descends la première colline. Le problème, c’est que la rue est pleine de collégiens et de lycéens aux uniformes bleus et blancs, et je dois faire de mon mieux pour éviter les collisions !

« Mademoiselle Kim, l’américaine ! » s’écrient-ils tandis que je passe parmi eux. En arrivant au lycée, je range mon vélo sous un manguier, à côté d’autres vélos, motocyclettes et scooters qui apparentient aux autres profs du lycée. Le lycée se compose de six immeubles rectangulaires en briques qui ont des seuils et des ouvertures pour les fenêtres, mais aucune porte, ni fenêtre en verre ni de volets n’ont jamais été installés. La plupart des salles ont été construites sur le sol. Chaque salle a de longs bancs avec des tables attachées où tous les étudiants doivent se serrer pendant trois cours qui durent deux heures.

J’enseigne l’anglais à quatre classes différentes, pour un total de vingt heures par semaine. Deux de mes classes n’ont que dix ou douze étudiants, pourtant les deux autres ont entre quarante-cinq et soixante étudiants. Les étudiants de Guinée n’ont pas de dictionnaires ou de manuels d’anglais, donc ils doivent passer la moitié du cours à copier des mots, des règles de grammaire, et des textes que j’écris au tableau. Durant quelques jours désignés, nous jouons à Simon Says, nous pratiquons des exercices de diction, ou nous traduisons des chansons américaines. L’anglais devient de plus en plus important pour les guinéens parce qu’ils le considèrent comme « la langue mondiale de business. » L’anglais est aussi nécessaire pour comprendre les instructions qui accompagnent leurs radios fabriquées aux Etats-Unis, les avertissements sur les boîtes de médicaments importés, et même les logos sur les t-shirts Nike. De plus, beaucoup de réfugiés anglophones des pays frontaliers sont en train d’immigrer en Guinée afin d’échapper aux guerres dans leurs patries. A cause de cet intérêt accru, je fais beaucoup de sessions de tutorat face à seulement un étudiant ou un adulte de ma communauté à la fois.

Chaque jour, sur la route pour rentrer du travail, je m’arrête au marché de plein air pour acheter du pain et des légumes pour le déjeuner. Il y a rarement un prix fixé pour les produits du marché, donc je marchande pour obtenir le meilleur prix. C’est au marché que la connaissance de la langue maternelle fait des miracles ! Dès que vous saluez le marchand de bananes (dans sa langue maternelle, bien sûr), il vous fait un prix pour ses bananes. Si vous êtes caucasien, le premier prix sera très cher car la plupart des africains pensent que tous les blancs sont riches. Mais quand vous lui parlez dans sa langue maternelle et que vous lui expliquez que vous n’êtes pas un touriste riche, il vous fait payer moins. Si vous revenez le jour suivant, il baissera encore le prix. Et si vous continuez de le saluer par son prénom et de lui parler de sa famille (dans sa langue maternelle), le prix baissera de plus en plus, et il ajoutera quelques bananes supplémentaires comme cadeau.

D’habitude, il me faut presque une heure pour rentrer chez moi, juste parce que je dois m’arrêter et dire « Bonjour » à beaucoup de gens. En Guinée, les salutations sont très importantes pour les bonnes relations. Outre les arrêts pour saluer tout le monde que je connais, je vais au-delà de moi-même pour saluer les aînés, car ils sont les membres les plus sages et les plus respectés de la communauté. Il y a même une méthode spéciale pour leur serrer la main pour montrer le respect et l’humilité. Après que je les ai salués, ils me bénissent pour me protéger, pour protéger ma santé, et pour me porter bonheur. Après chaque bénédiction, je dois dire « Amina, » leur équivalent pour « Amen. »

Quand j’arrive chez moi, je suis épuisée et j’ai très chaud. Parfois je fais un petit somme avant de préparer les leçons pour le jour qui vient. Plus tard, je rends visite à mes amis et, ensemble, nous préparons du thé, faisons des promenades, plaisantons, et prenons le dîner.

Les mercredis, mon ami Koulako m’enseigne une recette traditionnelle. Nous allons au marché pour acheter nos ingrédients : le riz, les épices, les grains, et un poulet vivant que nous tuons, plumons et étripons aussitôt que nous arrivons à la maison. En utilisant un pilon et un mortier, nous moulons les épices. Puis, nous coupons du bois et allumons un petit feu entre trois rochers de la taille d’un ballon de basket. Ensuite, nous cuisons le riz, le poulet, et la sauce dans une bouilloire sur le feu.

Je partage ce repas avec Koulako et sa famille de douze. Nous mangeons de grandes boules avec nos mains (sans l’argenterie). Tous les hommes partagent une boule, et les femmes en mangent une autre. La famille de Koulako est très grande, ce qui est vraiment typique à cause en partie du fait que la religion musulmane permet aux hommes d’avoir plusieurs femmes. Le mari de Koulako a trois femmes, et chacune d’elles a au moins trois enfants. Parfois je remarque un peu de jalousie entre ces femmes et la tension entre les enfants. Mais ça ne dérange pas beaucoup Koulako parce qu’elles peuvent se répartir les tâches de cuisine et de ménage entre elles. La cuisine au bois, le lavage de vêtements, la vaisselle et la collecte d’eau sont très fatigants ! Et je peux en témoigner !

Je dois avouer que la machine à laver est l’appareil qui me manque le plus. Le lavage de vêtements à la main prend des heures et en plus je ne peux jamais rendre blancs les t-shirts blancs ! Le manque d’un téléphone qui marche régulièrement et de l’électricité était difficile au début, mais avec le temps, je m’y suis habituée. Après le coucher du soleil, j’allume ma lampe à l’huile de paraffine ainsi que quelques bougies. Et au lieu d’utiliser les e-mails et les téléphones, j’envoie des lettres manuscrites qui prennent à peu près un mois pour arriver aux Etats-Unis. Il me faut de la patience, de la flexibilité, et un bon sens de l’humour. Quand les choses s’empirent, j’essaie de prendre du recul et de rire. Le Corps de la Paix est vraiment une aventure ! 

About the Author

Kimberly Ross

As a Peace Corps Volunteer in Guinea from 1999-2002, Kimberly Ross taught English to high school students and educated the people in her community about HIV/AIDS prevention. While in Guinea, Ross participated in a program called CyberVolunteer, part of the Coverdell World Wise Schools program at the Peace Corps. She wrote e-mail letters about her life in Guinea to classrooms subscribing to a listserv.

World Wise Speakers

Invite a Peace Corps volunteer into your classroom to share what it's like to live a global life by sharing stories, cultures and knowledge.