La Protection des Sources D’eau
Water Source Protection
Print this Page- By Lauren Fry
- Country: Cameroon
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Plus de 2 milliards de personnes—plus d’un tiers de la population du monde, en fait— n’ont pas accès aux systèmes sanitaires comme les toilettes à chasse d’eau ou même les latrines à fosse simple. C’est près d’une personne sur six de toutes les personnes sur la terre.
Salut. Je m’appelle Lauren Fry.
J’étais une bénévole du corps de la paix au Cameroun, en Afrique occidentale.
Le Cameroun, c’est un endroit extraordinaire qui est plein de montagnes, déserts, plages, forêts tropicales, ainsi que de gorilles, d’éléphants, et de lions parmi sa multitude de ressources naturelles.
J’ai habité dans la région du Cameroun où se trouve le peuple Éton. Beaucoup de ses habitants sont fermiers et cultivent les fèves de cacao—la fève qu’on utilise dans la production de chocolat. Cette photo montre quelques fèves de cacao qui se dessèchent sous le soleil.
Je suis ingénieur de l’environnement. Ma mission au Cameroun était d’aider les communautés à construire des projets d’installations sanitaires d’eau. Mon travail principal là-bas était d’aider les personnes locales à obtenir de l’eau pure qui était prête à boire, cuire, et nettoyer. Imaginez votre vie de nos jours si vous n’aviez ni l’eau potable chez vous ni des toilettes à chasse d’eau. L’eau courante à la maison est un luxe que la plupart de mes amis camerounais ne savaient pas.
Il y a une abondance d’eau où j’habitais au Cameroun. Le fleuve Sanaga, le plus grand fleuve du Cameroun, coulait à travers mon village. Malheureusement, même si l’eau du fleuve était facile à obtenir, elle était souvent polluée par les déchets de l’homme, les effluents des fermes, et d’autres contaminants. Nous obtenions aussi de l’eau des précipitations et du sous-sol. Ce type d’eau s’appelle la nappe phréatique et, normalement, c’était le meilleur choix pour les camerounais parce qu’il était moins possible qu’elle soit contaminée que l’eau qui reste sur la surface.
Cependant il y a un problème avec l’exploitation de nappes phréatiques. En général, il faut de l’énergie pour la tirer à la surface. Les pompes qui tirent l’eau à la surface peuvent être alimentées par les combustibles fossiles, le vent, le soleil ou par l’homme. Mais les pompes coûtent de l’argent et exigent une maintenance régulière,
et le transport manuel enlève du temps à d’autres activités ; pour les enfants, cela inclut le travail scolaire et l’amusement. Le coût de pompage de l’eau est souvent trop élevé pour les communautés, ce qui les force à boire de l’eau impure, risquant ainsi d’attraper des maladies liées à l’eau qui peuvent causer la diarrhée et d’autres maladies.
Les nappes phréatiques arrivent sans contaminants biologiques, s’il n’y a pas de pollution dans les environs. Mais quand elles forment un bassin sur la surface de la terre, un endroit où les nappes phréatiques viennent naturellement, il y a des risques de contamination. Par exemple, les enfants utilisaient des seaux pour rapporter l’eau de la source. Si les seaux eux-mêmes étaient contaminés, l’eau deviendrait contaminée quand les enfants les mettraient dans la source. Les enfants plus petits, qui ne comprenaient pas l’importance de l’eau potable, pourraient possiblement marcher à travers la source, ou même y jeter les ordures. La source n’était pas seulement sensible à la pollution de l’homme, mais les animaux de la forêt aussi étaient des polluants potentiels.
Cette photo montre la source d’une communauté où j’ai travaillé ; une source naturelle que la communauté a couvert avec du matériel de toiture. L’eau n’a pas besoin d’être pompée à la surface, mais comme vous pouvez voir, la source n’est pas bien protégée et toutes sortes d’ordures peuvent y entrer.
J’ai travaillé avec quatre villages à trouver les solutions à leurs problèmes d’eau. Quand je suis arrivée, les villageois prenaient de l’eau des sources comme celle-ci, où vous pouvez me voir en t-shirt rouge. La source est le bassin d’eau trouble au-dessous de moi.
Voici quelques enfants qui habitaient dans mon village. Les communautés savaient que l’eau rendait les enfants malades. Ils m’ont amené à leurs villages pour que nous puissions travailler ensemble à améliorer la situation. Ils avaient raison de dire que la maladie est partout. La première fois que je suis entrée dans chaque communauté, j’ai fait une enquête sur la santé des villageois, demandant aux parents de me dire la fréquence de diarrhée dans leur famille par mois. Typiquement, un membre de la famille souffrait de la diarrhée entre dix et seize jours de chaque mois.
Nous avons décidé de protéger les sources en construisant des « springboxes, » des structures qui captent de l’eau d’une source avant qu’elle soit contaminée. Il s’agit d’une boîte de béton située autour d’une source. Vous pouvez voir le dessin d’une de ces structures ici. Ses trois parties incluent une partie pour la collecte de l’eau de source, à gauche ; un filtre qui enlève les particules de l’eau, au centre, et un réservoir qui accumule l’eau.
D’abord, l’eau entre dans le filtre primaire et la section de capture, puis elle passe par la couche de gravier avant d’arriver au filtre principal. Ensuite, elle entre dans le réservoir envers une autre couche de gravier. Nous avons ajouté un tuyau de collecte pour que les villageois ne puissent plus mettre leurs seaux sales dans l’eau. Au lieu de faire ça, ils peuvent simplement ouvrir le tuyau avec le robinet pour remplir leur seau.
Voici le springbox en cours de construction. Le photographe se tient debout sur la partie de capture au-dessus de la source. Trois hommes se tiennent debout aussi sur le filtre. Le maçon, en t-shirt blanc, est en train de préparer la structure pour le mur en béton du réservoir. L’eau coule dans la direction de la flèche bleue.
La structure est réalisée. L’homme à la chemise bleue est mon collègue du Ministre d’Agriculture. C’est un technicien-ingénieur rural très expérimenté, et nous avons fait tout de notre travail ensemble. Le groupe se trouve au-dessus du réservoir du springbox. Derrière eux, dans le souterrain, se trouve le filtre, et derrière le filtre se situe la partie de capture.
Vous souvenez-vous l’image de la source avant la construction ?
Le bassin est maintenant rempli de rochers et couvert de terre.
Un an après l’achèvement du springbox, je suis retournée dans deux des quatre villages pour faire une enquête de suivi. J’ai réalisé que la diarrhée—un des problèmes le plus fréquent qui se produit quand on boit de l’eau salée—avait diminué de 29% dans un village et de 64% dans l’autre. J’ai utilisé cette recherche comme une partie de mon « master’s degree » et plus tard, je l’ai publiée dans le numéro de l’été 2006 du « Journal of Engineering for Sustainable Development. »
L’amélioration de la disponibilité et de la qualité de l’eau, de sanitaire, et d’hygiène personnelle sont toutes des méthodes effectives qui réduisent le nombre de cas de diarrhée dans une communauté. Les installations sanitaires incluent les connections aux égouts et systèmes septiques ou l’usage de différentes types de latrines. Ce qui est intéressant, c’est que beaucoup des installations sanitaires demandent une grande quantité d’eau, rendant ainsi la disponibilité de l’eau et la santé très liées.
Voici une photo de moi avec quelques villageois lors de l’une de mes dernières visites à ce springbox. Pour moi, c’était très gratifiant de voir que la santé des enfants s’était améliorée et que l’eau était pure et claire. Ce travail m’a incité à continuer à faire de la recherche sur la disponibilité de l’eau et les installations sanitaires dans les pays en développement. Je vous remercie de m’avoir permis de partager avec vous mon travail au Cameroun.
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Traduit par Tim Quinn, Peace Corps. Edité par Pierre Frédouët, Rennes, France.